A ArkNohr, il existe dix castes: Les Géographes, les Historiens, les Mages, les Gouvernants, les Prêtres, les Scribes, les Ingénieurs, les Magistrats, les Guérisseurs et les Armures. Chacun des élèves élites, appelés Aspirants, peut prétendre à une de ces castes en faisant voeu lors d'une cérémonie, l'élève est alors accepté ou refusé. Tout laisse à penser que ce sont donc les élèves qui décident de leurs choix. Ceux qui ont été refusé portent le titre de Perle. Ceux qui n'ont pas la chance d'être Aspirant sont appelés des Cendres.
Nawel Hélianthas est une jeune Aspirante. Elle n'attend qu'une chose: pouvoir revêtir la Robe des Mages. Nawel n'a pour ami que Philla et Ergaïl, un ami d'enfance, deux jeunes Aspirants eux-aussi.
Un jour, alors qu'elle se baladait dans la ville Cendre, une jeune femme Cendre la bouscule et insulte la jeune Aspirante, Nawel exige réparation et comme punition la fait fouetter elle et son mari. Le soir-même elle apprend que la femme qu'elle a fait battre, est morte de même que son enfant qu'elle avait eu quelques jours plus tôt. Nawel tombe alors dans une sorte d'inconscience, où elle se rend compte peu à peu de son comportement et de son égoïsme. Réveillée trois jours plus tard, elle apprend par sa mère que tous ces choix sont déjà choisis pour elle. Sa mère a commis en effet une erreur, elle lâcha l'information que seule une Mage pouvait devenir reine au côté de Ergaïl le futur héritier du trône! Cette Mage sera Nawel selon le désir de ses parents. Sa mère lui pose alors cette question: "Qui veux-tu être Nawel?"
Quelques jours plus tard, la cérémonie des voeux doit commencer... "Qui veux-tu être Nawel?" sa réponse déterminera le reste de sa vie...
Mon avis: Note 10/10
La boucle est bouclée. Et avec quelle classe...
Pierre Bottero s'en est allé. Son dernier livre, sa dernière oeuvre est ceci: Les Âmes croisées. Je l'ai fini il y a quelques instants. J'ai ressenti un grand vide, comme si un ami était parti... Je sais que je retrouverai une joie en relisant ses précédents livres, mais me dire que jamais plus je ne lirais d'autres oeuvres de Pierre Bottero me rend triste, j'aurai aimé avoir une suite, une autre saga, la vie est vraiment mal faite des fois! J'ai lu récemment une très belle phrase: "Qu'est-ce qu'un livre? Une suite de petits signes. Rien de plus. C'est au lecteur à tirer lui-même les formes, les couleurs et les sentiments auxquels ces signes correspondent." [Anatole France], alors c'est à nous de rêver cette suite et de nous laisser entraîner par notre Imagination (dans les deux sens du terme selon Bottero et le sens commun ;P )
On pense en commençant à lire que rien ne rattache cette histoire à celle de ses précédentes trilogies, et pourtant...
Je n'ai qu'une chose à rajouter en mémoire à ce grand auteur de la littérature jeunesse, en espérant qu'il ne soit jamais oublié:
Peine infinie,
Émotion au-delà des lignes,
Un mot,
Merci...
Un passage (p.189):"_Nawel Hélianthas!
Alors que les Aspirantes s'écartaient pour lui laisser le passage, Nawel sentit un paix formidable descendre sur elle.
Elle oublia Philla.
Elle oublia Ergaïl.
Elle oublia collusions et tricheries.
Rancunes et déceptions.
[...]
"Qui veux-tu être, Nawel? Qui veux-tu être vraiment?" Elle le savait désormais.
_Je me nomme Nawel Hélianthas...
Un voeu, un simple choix, possédait-il le pouvoir d'orienter une existence entière?
_Je sollicite le droit et l'honneur de revêtir...
Un mot, un unique mot, pouvait-il devenir une clef?
_...l'armure.
Silence.
Le silence est parfois davantage qu'une absence de bruit. Bien davantage.
Surtout lorsqu'il prend vie.
Nawel perçut celui qui se déploya dans son dos comme une force terrible qui s'enroula autour d'elle, étreignit son ventre, tendit ses filaments vers son d'âme.
Vers son choix.
Vers sa résolution.
Ses muscles se figèrent, elle cessa de respirer.
_Pourquoi ce choix?
Le silence, aussi intense soit-il, est plus fragile qu'un rêve matinal.
Les mots de l'Armure qui s'était levé le firent voler en éclats. Nawel se remit à respirer. Elle se tourna face à l'homme qui l'avait interrogée.
Si la question était rituelle, Nawel n'avait aucune réponse à offrir.
Sauf qu'aucune réponse était déjà une réponse.
_Je l'ignore, déclara-t-elle d'une voix claire.
[...]
L'Armure la regarda un long moment. Nawel eut l'impression que ce regard lisait son âme comme elle-même lisait une partition de cristal à eau.
Sensation intense.
Vitale.
Puis le temps se tordit, l'avenir se gauchit, se déchira, se désagrégea, avant de renaître. Différent.
Autour d'une phrase..."







