Choisir c'est l'éclair d'intelligence.
Hésitez-vous?
...
Tout est dit, vous vous trompez...

Pourquoi ce besoin d'écrire des articles sur mes lectures? Peut-être parce qu'ici je serai comprise, qu'on comprendra le lien entre ces lectures et moi, qu'on comprendra les références des auteurs, bref qu'on partagera, vous que je ne connais pas encore, ce quelque chose en commun qui est finalement magique: les livres...

Le plus bel hommage que nous puissions rendre à un auteur n'est pas de rester attachés à la lecture de ses pages, mais plutôt de cesser inconsciemment de lire, de reposer le livre, de le méditer et de voir au-delà de ses intentions avec des yeux neufs, car la lecture commence et continue les yeux fermés.

mercredi 27 juillet 2011

Jean-Claude Mourlevat, Le Combat d'hiver


Dans mon panier, il n'y a pas de cerises...


L'histoire:
Helen est une adolescente comme son amie Milena. Toutes deux sont orphelines comme toutes les filles de leur internat. Leur prison serait plus juste. En effet, soumises à des règles plus que draconiennes, elles n'ont le droit que d'échapper à cet endroit pour voir leur consoleuse seulement trois fois dans l'année. Chaque fois que l'une d'entre elles veut y aller, elle doit choisir son accompagnatrice et rentrer avant l'heure sinon une élève sera envoyé au "Ciel", un endroit lugubre qui à son évocation fait frissonner tout le monde de peur.
Au début du mois d'octobre, Helen décide de rendre visite à sa consoleuse accompagnée de son amie Milena. Sur le chemin, elles rencontrent deux garçons: Milos et Bartolomeo. Après un moment de silence à se regarder, ils décident de s'échanger noms et prénoms pour s'échanger plus tard des lettres grâce au "Putois", seule personne qui peut passer librement entre l'internat des filles et des garçons.
Au retour de chez sa consoleuse, Helen se rend compte que Milena a disparu, ne laissant derrière qu'une lettre qui lui explique ce qu'elle a fait et qu'elle est désolée pour la fille qui sera envoyée au Ciel.
Milos donne rendez-vous à Helen, ils assistent ensemble à une réunion secrète des deux internats. Ils comprennent alors qu'ils ont été rassemblés parce que leurs parents faisaient parti de la Résistance d'autrefois. Helen et Milos décident de s'enfuir à leur tour et de suivre les traces des hommes-chiens lancés à la poursuite de leurs deux amis
Milena représente l'espoir de la Résistance, sa voix est la seule qui puisse entraîner les gens dans la révolte qui   soulèvera bientôt tout le pays...
L'histoire de ces quatre adolescents est celle de leur combat, leur combat pour leur liberté, et leur courage les amènera sur des chemins qu'ils pensaient ne jamais parcourir.

Mon avis: Note 9,5/10 (juste à cause de la fin :P)
Cette aventure est tout à fait palpitante! Une cavale, des fuites, une histoire d'amitié, d'amour, tous ces éléments font de cette aventure, une aventure trépidante! Je ne vous cache pas que cet univers à la fois sombre et complexe vous fera peut-être pleurer, mais en tout cas vous serez contents d'avoir lu un tel livre! J'ai été touché par ces personnages qui sont attachants et qui sont un éclat dans la noirceur de la Phalange! Quels faibles mots que je sors là! Mais bon, je n'y peux rien. quand j'ai reposé ce livre, je me suis dit que si un jour je vois Jean-Claude Mourlevat, je le remercierai mais je pourrai aussi le "taper"... (non bien sûr pas pour de vrai, mais vous partagerez sûrement mon avis en ayant lu le livre).
Lisez-le vite et vous comprendrez...

Un passage (p85):
[Bartolomeo reçoit la visite d'un bourrin (un homme-cheval): Basile, qui a pour mission de livrer du courriel coûte que coûte. La lettre qui lui était adressée, avait été écrite par son père des années auparavant.]

"Dans les jours suivants, Bart a changé. Lui qui n'est pas bavard s'est mis à interroger pleins de camarades, les uns apèrs les autres. Et c'était toujours la même question: "Tu te souviens de tes parents?"
Un autre que lui se serait fait jeter, mais on ne jette Bartolomeo Casal... C'était étrange: il s'avançait vers des gars à qui il n'avait jamais adressé la parole en trois ans, et leur posait directement cette question "Tu te souviens de tes parents?" Le plus souvent, la réponse était non. Mais si quelqu'un répondait oui, alors il l'interrogeait pendant des heures.
_Pour quoi faire?
_Pour vérifier quelque chose que son père lui expliquait dans la lettre.
_C'est-à-dire?
_Bart a fini par me le confier, et c'est justement la chose grave dont je voulais te parler.
_Vas-y...
_Nous...comment dire... nous ne sommes pas des orphelins comme les autres...
_Pas comme les autres?
_Non. Nos parents avaient tous quelque chose en commun.
_Quoi donc?
_Ils ont tous lutté contre la Phalange quand elle a pris le pouvoir.
[...]
_Je ne comprends pas...On nous aurait regroupés à cause de nos parents?
_Oui.
_Pourquoi?
_Parce qu'ils sont tous morts...au même moment...ou à peu près.
_Tu veux dire qu'on les aurait....
_On les a éliminés.
_Eliminés? Mais qui a fait ça?
_Les types de la Phalange. Le père de Bart utilise un mot très simple: il dit que ce sont des barbares. Ils ont pris le pouvoir par la force, il y a u peu plus de quinze ans. Ça s'appelle un coup d'Etat. Ils ont arrêté et assassiné tous ceux qui ont osé résister. Ils ont effacé leurs traces, interdit qu'on prononce leurs noms, détruits leurs oeuvres s'ils étaient des artistes...
_Mais le père de Bartolomeo s'en est tiré, lui, puisqu'il a écrit cette lettre...
_Il était un des chefs de la Résistance, et il a réussi à fuir. Dans la lettre, il écrit qu'il a pu échapper jusque là aux Diables, les hommes-chiens de Mills. Mais il dit qu'il est épuisé, que ses pieds sont gelés. Et qu'il remet la lettre à un compagnon avec l'espoir qu'elle arrivera un jour dans les mains de Bartolomeo, son fils. Le père de Bart explique qu'il a rencontré dans sa fuite une femme extraordianire, une cantatrice que les gens adoraient et protégeaient. Les barbares n'arrivaient pas à la faire taire. Aussi longtemps qu'elle a pu chanter, ils ont eu peur d'elle, de sa voix. Elle s'appelait Eva-Maria Bach et elle avait une fillette blonde qui lui ressemblait trait pour trait.
_... Milena... murmura Helen. Tous ces gens-là, je veux dire nos parents, sont morts? Il ne reste plus rien d'eux, alors?
_Non, rien, dit tristement Milos, il ne reste rien d'eux...Puis il ajouta très bas: Sauf nous."

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